|
La notion de maltraitance ordinaire regroupe des actes de négligence quotidienne comme faire des toilettes trop rapides, ne pas répondre aux appels des personnes, servir des repas trop tôt ou ne pas respecter les rythmes de chacun pour le lever et le coucher. La maltraitance liée à des facteurs institutionnelsL'étude met en évidence de nombreux cas où "c'est le fonctionnement de l'organisation qui agresse les malades et leurs proches". En règle générale, il est demandé au "patient de s'adapter aux contraintes de l'organisation et non l'inverse". Des droits non respectésLes auteurs ont relevé un manque de respect des droits des patients, tel que des défauts d'information. Ils pointent du doigt "les conditions de délivrance de l'information" et soulignent que "si certains médecins délivrent l'information avec humanité, d'autres délivrent l'information avec brutalité, sans égards, sans laisser place aux interrogations des patients". |
Et aussi sur le groupe PriceMinister : Autres catégories, Jeux Vidéo, Immobilier caen
Consultez la boutique de boris60.
mercredi 3 février 2010
La maltraitance ordinaire dans les hôpitaux liée aux comportements des soignants
samedi 30 janvier 2010
Rapport sur la maltraitance à l'hôpital
Des problèmes d'organisation et de respect des droits des patients, estime Claude Evin
Le directeur général préfigurateur de l'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France, Claude Evin, a estimé mardi que les problèmes de maltraitance ordinaire à l'hôpital dénoncés par le médiateur de la République étaient liés notamment à un problème d'organisation et de respect des droits des malades.
Le pôle santé, sécurité des soins du médiateur de la République a rendu public mardi son rapport annuel d'activité qui montre que la moitié des requêtes traitées concernent des situations de maltraitance ordinaire.
Le directeur préfigurateur de l'ARS d'Ile-de-France a estimé mardi soir sur Europe 1 que les problèmes de maltraitance étaient "une réalité à regarder avec lucidité".
"L'hôpital est un lieu de tension, lieu où malheureusement la souffrance est naturellement présente, c'est le lieu où l'on meurt. C'est le seul lieu public où se cristallisent beaucoup de conflits, parce que c'est le seul service public qui est ouvert 24 heures sur 24. On demande beaucoup à l'hôpital", a expliqué Claude Evin.
Pour lui, les violences dont fait état le rapport du médiateur sont liées notamment à "des mauvaises organisations". "Le temps d'attente aux urgences, par exemple, et parfois même le temps d'attente lors de consultations externes ce n'est pas normal".
"Je sais que c'est souvent une absence d'attention et une absence de prise de conscience qu'une personne malade, faible et fragile a des droits", a déclaré Claude Evin.
Le délégué général de la Fédération hospitalière de France (FHF), Gérard Vincent, a estimé pour sa part que la notion de maltraitance ordinaire devait être "maniée avec beaucoup de précautions" dans un entretien au journal bimestriel du médiateur de la République, "Médiateur actualités".
"Elle agrège tout d'abord des situations très différentes. Entre la personne qui patiente depuis plusieurs heures aux urgences, alors que le personnel est débordé, et celle qui n'arrive pas à obtenir des informations sur son état de santé, il est difficile et réducteur de trouver une cohérence", a déclaré Gérard Vincent.
Il considère néanmoins que la protection des droits des malades doit "être une priorité pour les hospitaliers". L'hôpital public doit progresser selon lui aussi vers "davantage de transparence dans sa communication à l'égard du public" et vers "une meilleure reconnaissance de ses erreurs" avec "un essor du signalement des incidents et de la gestion des risques".
Il faudrait aussi "une meilleure information sur les actes de soins, ainsi que la réparation des conséquences d'une faute".
Dans un communiqué de presse, le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI, affilié à la CFE-CGC) a également réagi mercredi au rapport du médiateur de la République. Il estime que ces situations de maltraitance ordinaire sont liées au "manque de moyens et [aux] suppressions de postes de soignants".
Le syndicat propose des solutions pour améliorer la situation et suggère notamment de cesser de "sacrifier le confort du malade pour faciliter le fonctionnement d'un service", citant par exemple le réveil de malade à 6 heures pour la prise de température alors que les médecins n'arrivent pas avant 9 heures.
Il donne des conseils pratiques pour améliorer la relation soignant-soigné en mettant en avant les capacités de relations humaines, pour faciliter le respect de l'intimité et du libre arbitre, et non pas seulement l'habileté technique des infirmiers.
Les situations de maltraitance citées par le médiateur concernent par exemple des attentes interminables des familles avant d'être conduites auprès de leurs proches hospitalisés, le sentiment d'avoir été mal ou pas informé, ou rarement écouté, le sentiment d'un désintérêt ou d'une attitude méprisante de la part du personnel soignant, des besoins primaires pas toujours respectés (toilettes, soif, faim, sommeil) ou encore une douleur minimisée, rappelle-t-on.
La Haute autorité de santé (HAS) a annoncé mercredi qu'elle organiserait une conférence de presse sur le thème "prévenir la maltraitance 'ordinaire' en établissement de santé" le mercredi 27 janvier. Les résultats d'une étude réalisée en 2008 seront présentés et permettront "d'éclairer les travaux engagés dans le cadre de l'élaboration du nouveau manuel de certification des établissements de santé", a indiqué l'institution dans un communiqué.
Cette maltraitance "ordinaire" qui règne dans les hôpitaux
"UNE CERTAINE BANALISATION DE LA VIOLENCE"
De quoi interpeller les pouvoirs publics. "Face à une certaine banalisation de la violence, il apparaît nécessaire de rappeler au personnel hospitalier, mais aussi aux patients, la nécessité du respect réciproque", estimait le 12 janvier le médiateur de la République Jean-Paul Delevoye. Un "Pôle santé et sécurité des soins, chargé de traiter les réclamations liées aux droits des malades et à la sécurité des soins" été a mis en place début 2009 par le médiateur de la République. En un an d'activité, il a traité près de 4 800 requêtes.
La maltraitance, reconnaît une directrice d'hôpital, "c'est comme les infections nosocomiales, ça ne devrait pas arriver". Les professionnels parlent des réductions d'effectifs ou du manque de matériel… "Il y a vingt ans, il y avait sept aides-soignantes le matin, alors que maintenant il n'y en a plus que deux ou trois pour des patients plus lourds qu'avant", explique un cadre de santé.
Pour lutter contre ces dérives, un "guide de la bientraitance en établissements de santé" devrait être publié dans l'année. Trois critères de qualité seront par ailleurs intégrés dans la nouvelle procédure de certification des hôpitaux : la gestion des plaintes et des réclamations, la mise en œuvre des soins palliatifs et des droits des patients en fin de vie, la mise en place d'une démarche de bientraitance.