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samedi 30 janvier 2010

Couverture maladie universelle complémentaire (C.M.U.C) : Une complémentaire santé gratuite

La couverture maladie universelle complémentaire permet à toute personne, résidant régulièrement en France et de façon ininterrompue depuis plus de trois mois, de bénéficier d’une protection complémentaire gratuite et renouvelable.

Qui peut en bénéficier ?

Tous les membres de votre foyer ont droit à la couverture maladie universelle (C.M.U.) complémentaire : vous-même, votre conjoint(e), votre concubin(e) ou partenaire dans le cadre d’un Pacte civil de solidarité (PACS) et les personnes à votre charge de moins de 25 ans.

Trois conditions à respecter :
- vous habitez en France depuis plus de trois mois ;
- vous êtes en situation régulière ;
- le revenu mensuel de votre foyer ne dépasse pas un montant maximum.

Quels sont vos droits ?

Vous ne payez plus aucune cotisation, contrairement à une complémentaire santé habituelle (mutuelle, société d’assurance ou institution de prévoyance). La C.M.U. complémentaire est entièrement gratuite. Elle est renouvelable à votre demande chaque année, à condition que vous remplissiez toujours les critères de résidence et de ressources.

Grâce à la C.M.U. complémentaire, vous ne payez plus vos dépenses chez le médecin, à la pharmacie, dans un laboratoire, à l’hôpital, chez le dentiste, etc. Sous certaines conditions, vous ne payez plus les prothèses (couronnes, etc.) et les appareils dentaires, les verres et les montures de vos lunettes.

La C.M.U. complémentaire présente plusieurs avantages :

- la prise en charge du ticket modérateur, c’est-à-dire la part restant habituellement à votre charge, et du forfait journalier en cas d’hospitalisation ;
- la prise en charge des dépassements de tarifs (au-delà du ticket modérateur) pour vos lunettes, prothèses auditives et appareils dentaires, dans la limite d’un certain montant ;
- la dispense d’avance de frais lors de vos consultations chez le médecin, à la pharmacie, pour vos médicaments sur prescription, au laboratoire, etc. Sur présentation de votre carte Vitale (ou de votre attestation de droit à la C.M.U. complémentaire), les 30 % équivalents au ticket modérateur sont pris en charge immédiatement, ainsi que la participation forfaitaire d’un euro dans le cadre du parcours de soins coordonnés.

Par ailleurs, si vous bénéficiez de la C.M.U. complémentaire, vous pouvez bénéficier du tarif de première nécessité (T.P.N.) et du tarif spécial de solidarité (T.S.S.). Vous n’avez aucune démarche supplémentaire à accomplir. Vos coordonnées seront communiquées directement par votre caisse d’Assurance Maladie à votre fournisseur d’électricité ou votre distributeur en gaz naturel.

Pour plus de renseignements, vous pouvez contacter :
- le 0800 333 123 (appel gratuit) pour le tarif de première nécessité de l’électricité, du lundi au vendredi de 9h à 18h ;
- le 0 800 333 1242 (appel gratuit) pour le tarif spécial de solidarité relatif à la fourniture de gaz naturel du lundi au vendredi de 9h à 18h.

À noter
Si les ressources mensuelles de votre foyer dépassent, dans la limite de 20 %, le plafond pour l’attribution de la C.M.U. complémentaire, vous pouvez demander l’aide pour une complémentaire santé. Pour en bénéficier, c’est très simple : remplissez soit le formulaire « C.M.U. complémentaire et aide pour une complémentaire santé » (formulaire n° S 3711d), soit le formulaire « Aide pour une complémentaire santé » (formulaire n° S 3715).

Le respect du parcours de soins

Comme tous les autres assurés, vous devez respecter le parcours de soins coordonnés. Cependant, vous êtes exonéré de la participation forfaitaire d’un euro.

Si vous ne respectez pas le parcours de soins (par exemple : si vous n’avez pas déclaré de médecin traitant ou si vous consultez un médecin sans être orienté par votre médecin traitant), une majoration du ticket modérateur pourra vous être appliquée.

C.M.U. de base et C.M.U. complémentaire

Attention, ne confondez pas C.M.U. de base et C.M.U. complémentaire.

Si la C.M.U. de base est un droit à l’Assurance Maladie, la C.M.U. complémentaire est une protection complémentaire qui, comme une mutuelle, s’y additionne mais ne la remplace pas !

Ainsi, si vous n’êtes couvert par aucun autre régime d’Assurance Maladie, vous pouvez bénéficier de la C.M.U. de base même si vous avez d’importants revenus,mais pas de la C.M.U. complémentaire qui est accordée sur critères de ressources.
À l’inverse, si vous êtes au chômage, avec une allocation mensuelle de 500 euros environ, la C.M.U. complémentaire peut vous être accordée mais pas de la C.M.U. de base, car vous êtes déjà couvert par le régime des travailleurs salariés.

lundi 11 janvier 2010

refus soin patients bénéficiaires CMU

A Paris, plus de 25% des professionnels de santé refusent les patients bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU), selon une enquête publiée mercredi. Un nouveau pavé dans la marre insalubre de la santé publique...

25% des médecins de Paris refusent des soins aux bénéficiaires de la CMU

Les 4 millions de bénéficiaires de la CMU sont victimes de refus de soins. Ce n'est pas une nouveauté mais une nouvelle étude de l'Irdes (Institut de recherche et documentation en économie de la santé) pour le Fonds de financement de la CMU vient de le confirmer. L'enquête a été réalisée durant la période décembre 2008 - janvier 2009, par testing auprès de 900 dentistes, médecins généralistes et spécialistes. Le résultat est implacable : 25,5 % des professionnels testés refusent les patients bénéficiaires de la CMU. Ce chiffre monte à 31% chez les dentistes et jusqu'à 38% pour les gynécologues.

Dépassements d'honoraires interdits

Cet état de fait "reflète la réalité à laquelle sont confrontés les bénéficiaires de la CMU, soit de véritables difficultés d’accès aux soins dans certaines spécialités médicales", affirme l'Irdes. Les principales raisons invoquées par les praticiens, même si rien ne leur était demandé, sont la lourdeur administrative (supposée), le décalage du paiement et, surtout, l'impossibilité de pratiquer des dépassements d'honoraires.

Ces refus de soin sont punissables de sanctions disciplinaires de la part de l'Ordre des médecins... attirail visiblement peu dissuasif. Et pour cause, un rapport du même Fonds CMU affirmait que sur l'année 2003, les signalements de refus de soins se dénombraient sur les doigts d'une seule main. Car les bénéficiaires de la CMU ne déclarent pas les refus qui leur sont opposés. Trop obscur et bien trop compliqué pour des gens qui, la plupart du temps, ne savent pas que des recours sont possibles.

La pauvreté ou la santé, il faut choisir...

Quelques chiffres en vrac : 5 millions de Français ont renoncé à se payer une mutuelle (Irdes 2006). 40% ont retardé ou renoncé à au moins un soin en raison de son coût (Secours populaire français 2008). De 35 à 40% des spécialistes écartent la clientèle bénéficiaire de la CMU (Médecins du Monde 2003 et Que Choisir 2004). Environ 15 % des bénéficiaires de la CMU se sont vus opposer au moins un refus de soin (DREES 2004 et Que Choisir 2004). Idem pour 13% des Français ayant des revenus inférieurs à 1.000 €/mois (CISS, 2009).

Choquant ? Discriminatoire ?

Allons bon... à l'origine, le projet de loi "Hôpital Santé Patients et Territoire" (HSPT) allait dans le bon sens, réaffirmant l'interdiction du refus de soin non justifié "par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination". Il instaurait en outre le "testing" comme preuve juridique de discrimination et instaurait des sanctions financières pour les médecins nonchalants. Las, le Sénat (riche en médecins) a définitivement torpillé ces mesures, début juin.

Circulez, y a rien à soigner...