Compteur Global
Affichage des articles dont le libellé est Infections nosocomiales. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Infections nosocomiales. Afficher tous les articles

samedi 12 décembre 2009

Infections nosocomiales : Les hôpitaux peuvent mieux faire

BachelotPour la première fois cette année – et c’est là une avancée qui mérite d’être soulignée –, les résultats du tableau de bord des infections nosocomiales sont présentés dans un délai inférieur à un an, c’est-à-dire que nous présentons aujourd’hui les données de 2008.

Les premiers décrets d’application de la loi « Hôpital, patients, santé, territoires » vont paraître dans quelques jours, et portent sur les indicateurs de qualité de soins, a annoncé la ministre de la Santé Roselyne Bachelot. « C’est aussi la raison pour laquelle j’ai choisi, aujourd’hui, de venir vous parler de ces indicateurs, et plus particulièrement de ceux relatifs aux infections nosocomiales, qui sont au cœur de mes préoccupations », précise la ministre.

Bachelot a d’ailleurs tenu à saluer la réactivité et le travail de l’ensemble des établissements de santé, ainsi que des services de l’Etat, DDASS et DRASS. Au-delà, cette publication est aussi l’occasion pour la ministre de la Santé d’annoncer la généralisation par la Haute Autorité de Santé (HAS) de nouveaux indicateurs de qualité des soins, dont la loi HPST va rendre obligatoire, dès 2010, la mise à disposition du public.

Cette année encore, les résultats en net progrès attestent une mobilisation croissante des établissements en matière de prévention des infections associées aux soins et, plus largement, d’amélioration de la sécurité des patients. La ministre cite pour preuve l’évolution des cinq indicateurs du tableau de bord des infections nosocomiales, qui, au total, ont connu une amélioration moyenne de l’ordre de 15 points, ce qui est considérable.

L’incidence globale des infections du site opératoire, des infections à staphylocoques dorés résistant à la méticilline, des accidents exposant au sang, l’incidence, en réanimation, des infections urinaires et des pneumopathies : toutes ces incidences sont en diminution. Seules augmentent, en réanimation, les bactériémies et les colonisations de cathéter veineux central, sur lesquels nous devrons faire porter des efforts supplémentaires. Les indicateurs de moyens s’améliorent également. Ainsi, deux tiers des établissements réalisent des enquêtes d’incidence des infections nosocomiales. Plus de 95% ont désigné un responsable du signalement des infections nosocomiales. De surcroît, on peut se féliciter de l’évolution des pratiques en matière d’hygiène, notamment en ce qui concerne l’hygiène des mains.

« Quels que soient les progrès – et ceux que nous avons enregistrés sont très positifs –, nous avons une obligation de résultat, et j’entends que notre mobilisation, collective, reste maximale. C’est pourquoi nous avons élaboré un plan stratégique 2009-2013 de prévention des infections associées aux soins », affirme la ministre. Publié en août dernier, il définit des objectifs quantifiés à atteindre, tant au plan national qu’au niveau des établissements de santé, à travers trois ambitions principales : étendre aux établissements médico-sociaux et aux soins de ville cette politique de prévention, en s’appuyant sur les actions qui ont donné de bons résultats dans les établissements de santé ; adapter les mesures de prévention aux spécificités de chaque secteur de soins pour en améliorer l’efficacité ; régionaliser la mise en œuvre de cette politique en s’appuyant sur les Agences régionales de santé (ARS) créées par la loi HPST.

De plus en plus concernés par les questions de santé, nos concitoyens veulent – et c’est bien légitime – être mieux informés. « C’est pourquoi j’ai décidé, cette année, d’associer à la présentation des résultats du tableau de bord des infections nosocomiales celle des indicateurs de qualité et de sécurité des soins, les indicateurs QUALHAS, élaborés sous l’égide de la Haute autorité de santé. », déclare-t-elle.

Venant compléter les cinq indicateurs du tableau de bord des infections nosocomiales, cinq nouveaux indicateurs mesurent, à partir des données du dossier patient, la qualité globale de la prise en charge. Ces indicateurs portent ainsi sur la tenue du dossier du patient, sur la tenue du dossier anesthésique, sur la traçabilité de l’évaluation de la douleur et du dépistage des troubles nutritionnels, et sur le délai d’envoi des courriers d’hospitalisation.

Bachelot a rendu un hommage appuyé au travail collectif, mené dans une large concertation de tous les acteurs : la HAS, les professionnels, les conférences des établissements de santé, les représentants des usagers, et les différentes directions du ministère. La publication, dans les tout prochains jours, d’un décret et d’un arrêté d’application d’une des mesures « phare » de la loi HSPT viendra garantir la portée opérationnelle de ces nouveaux indicateurs.

Ces textes vont en effet permettre d’appliquer pleinement la loi, qui donne désormais à l’obligation de transparence en matière de qualité et de sécurité des soins une portée législative et une visibilité accrue, en cohérence avec les objectifs de qualité et de sécurité des soins fixés par le président de la République.

La loi oblige les établissements de santé, privés et publics, à mettre à disposition du public, à compter de janvier 2010, chaque année, les résultats de ces dix indicateurs de qualité et de sécurité des soins, c’est-à-dire les cinq indicateurs du tableau de bord des infections nosocomiales et les cinq indicateurs de qualité de la prise en charge.

En cas de non-respect de cette obligation, à l’issue d’une procédure de mise en demeure et de recueil des explications du directeur de l’établissement, les directeurs généraux des agences régionales de santé (ARS) pourront prendre les mesures appropriées, et notamment une pénalité pouvant aller jusqu’à 0,1% du budget de l’établissement.

Le rôle des commissions médicales, dans les établissements publics, et des conférences médicales, dans les établissements privés, est sensiblement renforcé, avec, en particulier, la définition et le suivi d’un programme d’action assorti d’indicateurs.

Ces indicateurs permettront d’abord aux établissements de se comparer à des moyennes régionales ou nationales, de façon à susciter une saine émulation, au service des patients, qui exigent cette transparence. Ils apporteront ensuite des éclairages fructueux aux décisions des pouvoirs publics. Ils contribueront, enfin, à améliorer et à simplifier la procédure de certification.

Pour prolonger et soutenir ces efforts, Roselyne Bachelot a souhaité que d’autres actions soient conduites. Elle a d’abord demandé que ces indicateurs fassent l’objet, lorsque cela se justifie, d’objectifs d’amélioration sur les trois prochaines années. Cela permettra de mesurer ensemble les résultats concrets de la politique menée. Une dizaine d’autres indicateurs sont en cours de développement, dans le cadre notamment du projet de coordination pour la mesure de la performance et l’amélioration de la qualité hospitalière (COMPAQH), mis en œuvre par l’INSERM.

Par ailleurs, « nous menons actuellement des travaux pour déterminer, puis généraliser, un indicateur pertinent de mesure de la mortalité, conformément à un souhait du président de la République. Le choix d’un indicateur et d’une méthode de recueil devrait être fait dès les prochaines semaines », explique la ministre de la Santé.

« Nous œuvrons au renforcement du dispositif des vigilances, avec notamment la reconduction de la grande enquête nationale de mesure des événements indésirables liés aux soins et l’expérimentation en cours, dans quatre régions, d’une déclaration obligatoire des événements indésirables graves. Il s’agit de déterminer les pistes d’amélioration possibles dans les établissements de santé. »

Des travaux complémentaires seront conduits pour mieux évaluer la satisfaction des usagers, à partir d’une méthode d’enquête expérimentée dans les CHU et les centres de lutte contre le cancer.

vendredi 16 octobre 2009

On compte en France 450 000 infections nosocomiales chaque année

L'intégralité du débat avec Alain-Michel Ceretti, mercredi 14 octobre, à 10 h .


mir : Où en est-on dans l'affaire de la cliniques du sport ? Quel rôle y jouez-vous ?

On en est à peu près au milieu des auditions. Je suis témoin et je serai entendu le 20 octobre. Ensuite, en tant que président d'association de victimes, mon rôle a consisté à coordonner les témoignages, enquêter pour communiquer au juge des éléments objectifs, en l'occurrence sur les modes d'utilisation des instruments chirurgicaux et les méthodes de stérilisation utilisées. Ca a été aussi, en 1997-1998, la question de l'indemnisation des victimes qui a été traitée en même temps.

Superman : Qu'est-ce qu'une infection nosocomiale ? Quelles sont les plus répandues ?

C'est une infection qui apparaît pendant une hospitalisation et qui est associée aux soins. Les plus répandues, ce sont les infections urinaires. Les plus évitables, ce sont les infections postopératoires. Et les plus mortelles, ce sont les infections contractées en réanimation.

Malou : Comment se transmettent-elles ?

Il y a deux modes de transmission : on parle d'infection endogène lorsque, par une baisse des défenses immuntaires, le maladie s'autoinfecte avec ses propres germes ; et on parle d'infection exogène quand c'est un microbe qui vient de l'extérieur et entre dans l'organisme. C'est le cas pour la clinique du sport, où des gens ont été victimes d'infections exogènes : le microbe est passé des instruments chirurgicaux aux vertèbres. Toutes les infections postopératoires sont exogènes, par définition.

Edgar : Dans l'affaire de la clinique du sport, de quoi souffrent les victimes ? Comment ont-elles été contaminées ?

Elles souffrent d'une forme rare de tuberculose osseuse qui a pour conséquence la destruction progressive des vertèbres par la présence anormale d'une mycobactérie qui s'appelle le xenopi, une bactérie que l'on ne trouve que dans l'eau et qui s'est retrouvée sur les instruments chirurgicaux car la clinique, à l'époque, au lieu de stériliser ses instruments, les faisaient tremper dans un désinfectant et les rinçait à l'eau du robinet.

Roger : A quelle étape du processus médical ces infections apparaissent ?

C'est très variable. Pour être qualifiée de nosocomiale, le malade ne doit pas être malade à son entrée. On estime qu'il y a un délai entre l'entrée du malade à l'hôpital et les premiers signes infectieux. Ce délai est de 48 h. Toute infection qui apparaît à la suite d'une hospitalisation dans les 48 h qui suivent l'admission sera considérée comme nosocomiale. Ensuite, toute infection qui apparaît dans les trente jours à la suite d'un acte médical peut être considérée comme nosocomiale. Et lorsqu'il s'agit de la pose de prothèse, quelle qu'elle soit, de corps étrangers en général, on estime que le délai peut aller jusqu'à plusieurs années.

Mitia : Combien y a-t-il de cas chaque année en France ?

On a des études assez précises, car il y a une étude nationale tous les cinq ans à laquelle sont associés tous les établissements. On compte 450 000 infections par an, dont 10 000 décès. Et la moitié de ces décès auraient été évités s'il n'y avait pas eu d'infection. Les autres sont des décès de personnes dont le pronostic vital était déjà engagé pour une pathologie en cours. C'est donc un chiffre supérieur aux accidents de la route.

Malika : Quelle est l'évolution du nombre de ces infections dans les hôpitaux français depuis qu'elles ont émergé comme phénomène médical ?

La dernière date de 2006. Elle montrait une baisse de 12 % par rapport à 2001, liée au fait que les médecins et professionnels de santé font plus attention. Il y a des programmes nationaux de lutte contre les infections nosocomiales, avec une surveillance de ces infections qui n'existaient pas il y a dix ans. Il y a des campagnes, par exemple sur le lavage des mains ou les solutions hydroalcooliques. Et il y a une prise de conscience tant de la part des professionnels de santé, que des politiques que du public que ces infections sont en France un fléau majeur qu'il faut combattre.

On doit cela notamment à l'affaire de la Clinique du sport et à l'action de Guillaume Depardieu. Le tournant se situe en 2005 avec la mise en place du tableau de bord des infections nosocomiales, un ensemble d'indicateurs représentant l'implication de l'établissement dans la lutte, rendus publics chaque mois de janvier.

Toto : N'y a-t-il pas malgré ces mesures un taux incompressible d'infections ?

Ce taux incompressible est directement lié aux avancées de la médecine, mais il existe. Et il est lié notamment aux pertes de défense immunitaire des personnes malades. Exemple le plus évident : toutes les leucémies qui ont pour conséquence la perte de défenses immunitaires. Ces personnes sont très fragiles, et on n'a pas le moyen de leur éviter totalement ce risque infectieux. D'ailleurs, ce risque est souvent lié à leurs propres germes. Nous vivons dans un environnement de bactéries, et quand l'équilibre est perturbé par la maladie, le risque infectieux est réel. On estime que 30 à 40 % des infections sont inévitables. Mais des travaux de recherche sont en cours pour essayer de repousser le curseur le plus près possible de zéro. Même si probablement on n'y arrivera jamais.

Artemus_Gordon : La France est-elle plus frappée que d'autres pays européens par ces infections ?

Elle l'était sur deux aspects : en termes de nombre d'infections nosocomiales par rapport aux hospitalisations. On était dans les plus mauvais. Sachant que globalement, les pays du Nord ont une hygiène meilleure que les pays du Sud, et la France est plutôt du Sud de ce point de vue. Malheureusement, on n'est pas au niveau de la Suède, de la Norvège ou de la Finlande.

La France a une autre particularité : on a eu pendant des années, avec le Japon, le taux de staphylocoques résistant aux antibiotiques le plus important du monde. D'où toute la campagne "les antibiotiques, c'est pas automatique". En cinq ans, on a fait baisser la présence de staphylocoques résistants aux antibiotiques dans les hôpitaux de 45 % entre 2001 et 2006. On le doit à l'utilisation maintenant systématique, dans les établissements de santé, des solutions hydroalcooliques.

Aujourd'hui, on a un taux d'infections nosocomiales élevé, même s'il baisse, un pays où l'hygiène n'est pas au niveau de ce qu'elle est dans les pays du Nord, et un taux de prévalence des staphycoloques résistant aux antibiotiques en forte baisse. La situation est donc constrastée. On est en face de problèmes de comportements beaucoup plus que de moyens.

Deux exemples véridiques : on sait que la question des manches longues des blouses de médecins pose problème ; et la question des bijoux, notamment colliers, bagues, boucles d'oreille, du personnel féminin soignant, pose problème. Ils sont tous les deux sources de transmission des bactéries d'une chambre à l'autre, donc d'un patient à l'autre. Aujourd'hui, je ne connais qu'un seul hôpital qui a réussi à interdire les bijoux, celui de Montluçon.

bbb : Existe-t-il un classement des hôpitaux les plus touchés ?

Oui, il est diffusé tous les ans par le ministère de la santé, on le retrouve sur le suite de celui-ci. C'est la diffusion du tableau de bord, avec cinq indicateurs : des indicateurs de moyens et de résultats avec une note globale. On retrouve l'ensemble de ces indicateurs et notes sur le site du ministère, et ils sont diffusés par "L'Express" tous les ans. On attend pour décembre 2009-janvier 2010 le tableau de bord 2009.

Cette initiative a permis en quelques années d'accélérer le temps, car en matière de sécurité des soins, dans un monde où la transparence n'est pas une religion, celui de la santé, on s'aperçoit naturellement que la transparence est le préalable nécessaire et indispensable à l'amélioration de la qualité et de la sécurité.

Si des gens veulent aller plus loin, on a un site, securitesoins.fr, le site du pôle sécurité soins su médiateur de la République. On peut poser des questions, on est en lien avec des médecins. Il y a aussi un numéro Azur pour entrer en contact avec le pôle : 0 810 455 455.

samedi 7 février 2009

La lutte contre les infections nosocomiales s'améliore


Le respect de certaines procédures d'hygiène est un facteur capable de diminuer le risque d'infection.
Le respect de certaines procédures d'hygiène est un facteur capable de diminuer le risque d'infection.

Le tableau de bord des infections nosocomiales publié mercredi classe les hôpitaux français en fonction des moyens mis en œuvre pour limiter ce risque.

Les infections nosocomiales sont une sorte d'aberration : vous rentrez à l'hôpital pour une maladie et, au cours de l'hospitalisation, vous en attrapez une autre. En plus. Par exemple, une infection liée à la pose d'une sonde urinaire, ou une au niveau de l'incision d'une intervention chirurgicale. Après plusieurs crises sanitaires, les pouvoirs publics ont mis en place au cours des années précédentes une politique active de lutte contre ces infections qui, pour certains, s'apparentaient à une sorte de fatalité. Mercredi, le ministère de la Santé a rendu public le classement des établissements de santé en fonction des moyens mis en œuvre pour les réduire.

Chaque année, près de 3 500 décès à l'hôpital seraient la conséquence directe d'infections nosocomiales. Celles-ci ne sont pas toujours évitables, étant favorisées par les soins, mais aussi par l'âge du patient, son mauvais état général, certains traitements supprimant l'immunité… De multiples enquêtes ont révélé que le respect de certaines procédures d'hygiène lors des soins était un facteur capable de diminuer le risque.

La dernière enquête française menée en 2006 un jour donné a montré sur 358 467 patients hospitalisés que 17 820 d'entre eux, soit 4,97 % présentaient une infection nosocomiale. En 2001, avec le même type d'enquête, le pourcentage de malades infectés était plus élevé (plus 12 %). Alors que, dans le même temps, le nombre de personnes âgées et en mauvais état général admis à l'hôpital a eu plutôt tendance à augmenter du fait du vieillissement. Les comparaisons entre pays mettent en évidence des résultats plutôt corrects pour la France.

Plan stratégique national

Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, qui présentait mercredi le classement des hôpitaux français en fonction des moyens de lutte contre ces infections, a estimé que « tous les indicateurs du tableau de bord sont en nette amélioration. Ces résultats, très satisfaisants, prouvent que nos établissements de santé sont de plus en plus mobilisés dans la lutte contre les infections nosocomiales. Pour plus de 85 % d'entre eux, cette implication s'avère bonne ou très bonne… ».

Ce tableau de bord vise à comparer les établissements en fonction des moyens qu'ils mettent en œuvre, comme par exemple la quantité utilisée de soluté hydro-alcoolique pour se désinfecter les mains, ou encore les registres mesurant la fréquence des infections des sites opératoires (infection au niveau de la plaie chirurgicale)… Les résultats classent en numéro un l'hôpital Emile-Roux (Limeil-Brévannes, dans le Val-de-Marne), puis le CHU Bichat à Paris, l'hôpital Européen Georges-Pompidou, le CHU Cochin…

Pour améliorer encore la situation, le ministère de la Santé a décidé de lancer un plan stratégique national 2009-2012 afin de renforcer l'organisation de la prévention des infections associées aux soins et de structurer les actions de prévention.

Infections nosocomiales : une "liste noire" en "décalage avec la réalité"

Depuis 2004, un palmarès annuel des bonnes pratiques dans la lutte contre les infections nosocomiales – c'est-à-dire contractées dans un cadre hospitalier – est publié par le ministère de la santé. Ce palmarès est au cœur d'une polémique, depuis que L'Express l'a utilisé pour dresser une "liste noire", sur laquelle figurent 162 hôpitaux et cliniques. Ces centres de soins, selon l'hebdomadaire, sont coupables d'une "absence de suivi des malades opérés". Un sujet très sensible : chaque année, 750 000 personnes, soit un patient sur 20, contractent une infection nosocomiale, et 4 000 en meurent. Roselyne Bachelot a annoncé, mercredi, l'extension du plan spécifique de lutte contre ces infections lancé en 2005.

La note est définie par 4 indicateurs : l'ICATB (Indice composite de bon usage des antibiotiques), l'ICALIN, (Indice Composite des activités de lutte contre les infections nosocomiales), l'ICSHA (Indicateur de consommation de solutions hydro-alcooliques) et SURVISO (Surveillance des infections du site opératoire). Ces critères sont détaillés, classés par année et par établissement, sur le site du ministère de la santé.


Manou Wehrell, directrice de la clinique Claude Bernard à Ermont, épinglée par L'Express, qualifie de "grave et faux" le qualificatif "mauvais suivi des patients" utilisé par l'hebdomadaire. Elle souligne qu'"un seul critère défaillant mène à exclusion du palmarès [des hôpitaux les plus sûrs]" et qu'il "ne représente pas ce qu'il se passe sur le terrain." Selon elle, l'"article mériterait une réponse", et "pense que le syndicat va le faire."

UNE ERREUR MATÉRIELLE

Franck Lestrade, directeur de la communication de l'hôpital de Périgueux, explique la présence de l'établissement dans la liste par "une case mal cochée". Dans l'édition du jeudi 22 janvier de Sud-Ouest, Patrick Médée, le directeur de l'hôpital, précise : "Cette enquête (...) aurait dû nous valoir la lettre B mais nous avons malheureusement commis une erreur matérielle dans la transmission des données. Nous allons en tout cas fournir l'ensemble des justificatifs au ministère de la santé et à l'Agence régionale de l'hospitalisation."

Dominique Radureau est directrice adjointe du centre hospitalier de Saint-Malo, également sur la "liste noire". Si elle admet qu'"avant 2007, l'hôpital n'avait pas concentré ses efforts sur la récolte de l'information", elle pense qu'"il n'y a pas d'automaticité entre la collecte d'information et les mesures mises en place". Surtout, la Haute autorité de la santé vient d'effectuer sa visite triannuelle de l'hôpital. Son rapport provisoire souligne "la très forte dynamique" sur le point de la lutte contre les infections hospitalières, ce qui devrait valoir à l'hôpital un classement en A sur cette partie. "Nous ne nions pas l'information donnée : mais elle est en décalage par rapport à la situation réelle."

Chaque année, 750 000 personnes, soit un patient sur 20, contractent une infection nosocomiale, et 4 000 en meurent.